Oeuvre de notre FEU Grand Ami Djilali/ Merci de le faire suivre 3

Chant 12 : Entrelacement Originel

 

 

 

Rechercher la grande liberté originelle totalisante n'a rien à voir avec l'encerclement de celle concédée au rabais par une société programmée, pour nous rendre prisonniers dans les moindres aspects de nos désirs. Ce lieu du sensible entre poésie et écologie baigne les noces sacrées de l'homme lié à la nature, loin du paradoxe de nos fausses valeurs basées sur le "marchandising" de la consommation. Nous couvrons l'hypocrisie larvée de nos peurs de vivre. À travers ce cache-misère, nous vivons un drame d'orgueil, en mal d'assouvissement. Reprendre le chemin sacré fait de dévotion sensible à notre être en participant à l'amour du fondamental nous éveille aux dimensions des autres. Ainsi nous nous établissons, à notre plus belle expression dans la beauté du vivant. Nous vivons en cette fin de millénaire un immense malentendu existentiel. Nous avons perdu le sens de la vraie vie ; se libérer du mal c'est accepter de changer dans un processus d'évolution nécessaire de nous-mêmes. Ce processus a à faire au divin en nous et est naturel. L'incroyable simplicité du franchissement irréversible de cet état est l'obstacle majeur à notre affranchissement. Cependant cela nécessite une véritable reconversion de nos univers intérieurs et extérieurs pour accéder à l'homme nouveau: une nouvelle hygiène d'approche de nous-mêmes, en somme.

 

On parle de relier science et spiritualité, de relier les richesses profondes de l'orient et de l'occident, de l'individu et l'espèce, de la matière et l'esprit, le cerveau gauche et le cerveau droit, le mental et le supra-mental, les faits et les concepts, le point et l'infini, l'intelligence et l'amour.Mais comment ? et pourquoi ? dans quel dessein ? seuls les humains véritablement en recherche d'éveil peuvent apporter des réponses à ces questions cruciales pour notre "à-venir". nos sociétés doivent accompagner cet effort des êtres les plus éveillés et combiner le coeur le plus grand et l'intelligence la plus haute, à l'amour infini et la connaissance. Quand nous serons débarrassés de notre petit esprit et de notre personnalité étriquée, nous deviendrons "un" avec l'univers. Les "mal éveillés" voient dans cet univers un frein à leur folie de possession, les bons vivants y voient un paradis du bien profiter et les éveillés y voient partout l'amour, c'est-à-dire "Dieu" lui-même. La création, selon nos choix, nous apparaîtra comme une machine infernale ou comme une merveilleuse aventure. L'ancien monde que l'humanité quitte douloureusement est fondé sur la prise de pouvoirs des uns sur les autres. La brèche, cependant, est ouverte pour aller vers un monde meilleur, grâce aux resserrements des liens entre les hommes. Seule, une vision holistique peut éclairer le chemin de cette nouvelle aventure.

 

La conscience individuée est trompée par l'ego. Elle prend peur de sa propre mort. Elle cherche alors à capitaliser la vie. Si l'individu accepte de mourir symboliquement, et retrouve sa conscience unitaire, le moi ne cherchera plus à le dominer : il engendrera son contraire au lieu de soumettre les êtres et les choses à son diktat. Le désir de l'ego fait toujours poursuivre l'homme vers l'excès de prises de pouvoir, qui entraîne la souffrance. L'ego a toujours le désir d'enfler l'importance de l'individu et bientôt celui-ci s'enfermant sur lui-même, devient étranger à sa vie. Malgré notre côté "égocentré", nous sommes de la nature en marche, de la vie en mouvement, une conscience qui se spatialise, à la dimension de l'univers. L'aiguillon de l'amour réellement vécu est celui de la créativité spontanée de soi-même, sans détours, sans forfanteries. Il nécessite un jaillissement continu ou bien engendre un système figé dans le manque, qui le mène à la mort : intelligence ouverte et amour ouvert visualisent le caducée d'Hermès. La fusion des deux termes s'enroule et engendre la connaissance. Ce n'est pas sans rapport avec la double hélice chromosomique (A.D.N.) porteuse de son langage codée. Jetez-vous à coeur dans ce cheminement de vous-mêmes : là où il n'y a pas de dualisme, il y a la vérité unifiée de la vie. Nous sommes peut-être à l'aube d'une ère incroyablement émerveillante quoique dangereuse. Il nous faut bien sûr vouloir y rentrer en changeant intimement de direction. L'espace séparateur n'est pas le réel. Nous devons converger vers un réel plus unificateur : vers l'un, en synchronicité reliée : tous ensemble.

 

C’est pourquoi, personne n'est moins prisonnier du dogmatisme que le vrai relié. L'esprit, chez lui, comprend tout, pardonne tout, car la vraie foi n'a pas à être défendue. Elle est invulnérable de par sa nature divine. Les vrais hommes spirituels vivent, dans le monde, tout en n'étant pas de ce monde. Ils vivent dans la pureté d'intention envers les autres, et ne sont pas obligés de cogiter, de décortiquer, sans arrêt leurs pensées, dans un dualisme déstabilisateur. Le mal, le bien, le vrai, le faux, ils le vivent sous le même registre d'amour. Ils sont comme l'Adam primordial, avant sa chute : de vrais contemplatifs du vivant. L'illusion démoniaque, voulant que la paix puisse se réaliser, par résorption des conflits d'une manière policière, a fait la preuve de son inefficacité. Plus le contrôle de l'homme se fait prégnant, plus la violence augmente. Ce n'est pas le bon moyen pour l’arrêter ; il y faut surtout mettre plus d'amour, plus de bon sens, une meilleure éducation du respect de l'autre ; par prise de la conscience d’êtres tous embarqués sur le même bateau. Voulons-nous qu'il coule, ou voulons-nous qu'il rentre au port ? la réponse est de notre domaine.

 

Nous devons, ensemble comprendre que nous faisons partie de la même unité ontologique, quelle que soit la couleur de notre peau ou la position géographique de notre établissement terrestre. La puissance créatrice de l'homme n'est pas un problème de frontières. Sans l'algèbre des Arabes, sans l'invention du zéro, les occidentaux n'auraient jamais mis un satellite sur orbite, ni crée un scanneur médical performant. Il est temps de lutter contre une vue parcellaire des choses, et de rentrer, enfin, dans une vision trinitaire de l'homme. De faire, enfin, jonction avec le nec plus ultra de nous-mêmes, pour ensemble construire un monde viable.

 

Toute révolution est un spasme de tensions exacerbées inutiles. Elle détruit, plus qu'elle ne construit, puisque les pouvoirs reprennent toujours ce qu'ils ont donné, d'une main, par l'autre. Cette duperie a coûté aux hommes, bien des luttes coûteuses, avec le cortège de guerres et de destructions qu'elles entraînent inéluctablement. L'avancée sociale se paie toujours dans le sang. Pourquoi ? c'est un moyen barbare, dont pourrait se passer une société humaine évoluée, qui a la prétention d'être civilisée. Comprendrons-nous enfin, que l'évolution est faite d'amour, et d'équilibration des besoins concomitants à nos progrès rapides en tous les domaines ? nos richesses ont été souvent gagnées, par le noble effort des meilleurs d'entre nous, y ajouter la juste répartition du fruit de cet effort d'intelligence, serait une preuve de grandeur de notre part. L'ingénieur et l'ouvrier sont tous deux les artisans de cette prise de pouvoir sur la nature. Ensemble, ils se doivent au respect de celle-ci, ainsi qu'au bon déroulement d'une répartition sensée des richesses acquises pour le bien de tous. Il se développe, à présent une interdépendance, entre les communautés, à laquelle personne n'échappera. L'enfant, dans le ventre de sa mère, ne sait pas encore qu'il va en être expulsé, mais la nature le prépare à cette sortie dans l'espace de sa vie. Pourquoi n'en ferions-nous pas autant dans nos actions, entre nous ? ouvrons entre nous, des espaces de respiration commune, avec respect et bon sens, puisque de toutes les façons, nous n'avons pas d'autre choix que le choix de vivre les uns par les autres.

 

Les études permettent les savoirs, une sorte de savoir, mais cette forme de savoir n'est pas la panacée de la connaissance. Elle, seule donne sens à la vie. Elle en est l'essence. Chaque instant vient à nous avec la vie, dans un ordre qui nous dépasse, puisque la vie et la mort se répondent dans un ballet éternel. Nous ne sommes que des figurants, des passagers sur terre. L'homme construit ses savoirs à la manière d'un carrelage, mettant bout à bout les morceaux du puzzle avec patience et ténacité. Doucement, l'oeuvre prend corps : et c'est admirable. Nous n'allons pas être assez stupides pour détruire l'ouvrage de tant de siècles, dans un dernier bain de sang sacrificiel. Nous sommes maintenant trop développés pour être idiots. Faisons, ensemble, ce saut quantique dans l'infini de nous-mêmes, et aspirons au bonheur de s'émerveiller de notre propre condition humaine, dans une élévation de nos vues à la hauteur de notre mission. Retrouvons l'essence de notre destin. Le corps de chair de l'homme est le lit de la rivière, l'eau qui y coule est son esprit. L'ondoiement et l'irrigation de ses berges n'attendent, que notre bonne volonté, dans un désir de jouir pleinement de nos conquêtes, si chèrement acquises. L'opinion enchaîne, l'esprit libère. Il serait absurde de prêcher pour les temps futurs sans établir entre nous, avec un minimum de bon sens la juste équilibration de nos richesses. Préfèrerons-nous les confrontations stériles sans fin et toutes destructrices ? ou bien, devenus enfin adultes, construirons-nous un monde à la hauteur de notre génie créateur. Le problème est posé ; c'est à nous de le résoudre, dans les plus brefs délais, car nous avons atteint la cote d'alerte de nos divergences. Nous devons répondre à ce dernier défi, par une intelligente réflexion, loin des lieux où s'établissent nos petits intérêts personnels.

 

Ce que nous nommons l'homme est un conglomérat fait de minéral, de végétal, d'animal, et d'humain. Cependant, nous sommes chargés d'établir le cinquième règne : le règne du spirituel. Cette mission est passionnante, car elle nous engage dans la conquête spécifique de nous-mêmes. Dépassant les anciens clivages, nous pouvons à présent, nous projeter dans les espaces sidéraux, et aller à la recherche de notre immortalité dans un ciel serein. Tout homme possède ce rêve enfoui dans ses entrailles. Nous n'aimons pas mourir, nous nous croyons fait pour un destin plus ample et plus noble. Et, nous avons raison. C'est ce qui nous propulse vers les mondes nouveaux, dans la conquête de l'espace. Quelques-uns d'entre nous ont déjà ouvert la porte des cieux. Ils nous engagent à changer profondément. Quand ils reviennent sur terre, que disent-ils ? Ah ! si vous saviez combien est belle notre planète bleue !!! Ah ! ce qu'on y est bien, par rapport aux steppes désertiques de la lune ou aux cailloutis brûlants de mars. Arrêtons donc le temps de nos névroses et de nos psychoses dévastatrices et, construisons ensemble un monde terrestre viable pour tous. Les moyens et les richesses ne manquent pas. Seule, nous manque l'envie d'en jouir, ensemble.

 

À chacun d'entre nous est posée la question. Qui suis-je ? Quel type d'humain suis-je ? Un prédateur ou un créateur ? Suis-je dans le monde de l'illusion de posséder un pouvoir de coercition sur les autres, ou suis-je à même, par ma valeur de me rendre au rendez- vous de l'histoire, avec un grand "H". La richesse n'est pas dans l'uniformité, elle est dans la diversité partagée des êtres et des choses. "Ré enchantons" le monde, par des attitudes saines et créatrices, et nous verrons s'éclaircir le ciel bleu au-dessus de nos têtes, qu’elles soient brunes, rousses ou blondes. Ne pas mourir chrysalide, enfin faire naître le papillon paré de ses plus belles couleurs, voilà le rôle de chacun et de chacune d’entre nous, pour enfin devenir des hommes, avec un grand "h", inscrit dans l'histoire des siècles. Après l'errance, vient le temps de l'espérance. Il n'y a pas d'autre "monde", que celui de "l'un".

 

 

 

 

Chant 13 : Rendons-Nous Possible

 

 

 

Le langage cosmique est vraiment une langue. L'univers sensibilise et signifie dans des formes multiples. Il emploie originellement des signes, il manifeste du sens. Ce n'est pas un cosmos matière qui me répond, seulement ; c'est aussi, un univers qui se spiritualise dans une avancée créatrice. La création apporte avec elle, symboles et vie. La lumière du premier cri de l'univers a été un éclat de vie exceptionnel, une illumination, et un départ vers tous les possibles. Particule après particule, des associations d'amour se sont produites, formant des êtres et des choses dont la beauté et la curiosité nous étonnent à chaque instant. Mais, cette causalité première, n'est pas la seule concernée. Les formes créées ont leurs rôles à jouer. Elles ne sont pas venues là par hasard. Une création exige une causalité ascendante, allant vers un plus intégré, dans les espaces, où elles se propagent. La lumière diffusée au départ, doit retourner à la lumière pour alimenter, sans cesse, l'amour : cette loi fondamentale de l'univers qui sert de moteur au tout.

 

Le temps du mental est passé. S'écrit, maintenant, le chapitre de l'intégration de la force d'amour, dans le jeu entre les formes existantes. Le tout a besoin du tout crée. La vie minérale a organisé le support, la vie végétale a organisé la respiration par la photosynthèse, la vie animale a assuré le mouvement, avec la possibilité de déplacement territorial, la vie humaine a, elle, pour objectif de spiritualiser les mondes, en quittant la dérive d'un mental exacerbé, pour un nouveau palier de conscience. Ontologiquement, nous nous répondons les uns les autres. La "co-naissance", que nous avons à concrétiser, doit donner naissance à la globalité, source d'unité dans la différence de toutes les créations établies dans le cosmos. La plénitude de cet objectif nous mènera au respect de chaque être et de chaque chose, dans l'univers. Il en résultera l'harmonie, dansée et chantée, pour toutes les formes créées.

 

La grandeur de l'homme réside dans ce qu'il est, et dans ce qu'il rend possible au regard de la loi d'amour. Pour cela, il faut que l'intellect s'efface un tant soit peu, pour laisser la place à l'intuition. L'intuition est une force magique, pénétrante, diffuse, qui nous met en contact profond avec nous-mêmes. C'est comme une liberté de l'esprit. Mais, elle n'est pas un privilège, mais une libération. L'amour purge les hommes de leurs mauvaises intentions souvent édictées par un ego excessivement orgueilleux. Il faut savoir, qu'il n'y a pas de progrès possible, sans un lâcher prise de cet orgueil. Tous progrès, dans la nature humaine, passe par une confrontation avec soi-même, dans une recherche de décondensation de nos petites manies de pouvoirs imposer, toujours son point de vue, comme étant le meilleur. Se surpasser, dans ce domaine, fait la preuve d'un bon comportement, vis-à-vis de la loi d'amour. Nous sommes chargés de nous reformer, tout seul. Chacun est face à face avec soi-même. Il n'y a de victoire sur soi, que dans cette condition. La recherche acharnée de pouvoirs mène à l'obstruction de l'être. Le rôle des éducateurs est de préparer l'enfant à cette sublimation de lui-même, ce qui le rendra heureux en son for intérieur, là où il quittera sa violence, pour rentrer dans sa noblesse d'appartenance à l'humain.

 

Nous sommes à une époque chargée des risques les plus divers, parce nous prétendons tout dominer alors que nous ne nous dominons pas nous-mêmes. On se croit invulnérable. Cependant les mythes fondateurs sont plus forts que notre rationalisme. Il y a une unité cachée dans les choses, recouvrant la grande complexité du monde. Au lieu de se croire infaillibles, nous devrions interroger les profondeurs de notre psyché malade, et, y porter remède. Il y a une hiérarchie à respecter dans le vivant. Des choses essentielles à protéger, tel l'air, l'eau, la terre, qui sont indispensables à notre vie. Le dérapage orgueilleux commence à partir du moment où l'on considère qu'aucune manière ne vaut mieux que celle que l'on édite. La sagesse pourtant puise ses sources dans un regard nouveau sur les êtres et les choses. Si ma pensée se charge de regards ouverts sur la singulière richesse du vivant, j'ai des chances de mourir moins bête et moins coincé. Nous avons le choix entre la dissipation dans l'agitation, ou la méditation sur nos actes les plus simples. Cette liberté offerte à notre comportement est une chance à saisir pour grandir en soi. Mon ignorance me creuse un sillon de possibles que je ne dois pas négliger, sous peine de stagnation. Si je me laboure, me creuse, me sème, j'ai des chances supplémentaires d'augmenter ma moisson de créations positives. Alors, dans un jaillissement porteur de réalisations vivantes, j'enrichirai tout ce que je toucherai d'amour vécu libéré.

 

Je me recueille, je m'emplis de la présence, je me dispose à écouter le monde. Le monde m'impose mon devoir d'être au monde afin d'élargir ma faible perception des choses. De toutes parts j'éprouve mes limites et pourtant je sens sourde en moi l'histoire totale du genre humain. Je m'instruis de la capacité de tout relier, quand je prends conscience de mon ignorance. La visitation du silence plein en moi me fait inventer une nouvelle attention aux êtres. Le sens lui-même est suspendu ; la parole vraie s'efforce à l'immensité. Le mystique ne parle qu'en attente d'un dépassement. Sa plénitude est au-delà de tout langage. Il faut être le puits et le désert autour du puits pour tirer de soi l'eau qui féconde. Pour l'être spirituel, il ne s'agit pas de descendre en lui-même, en laissant le monde dehors, mais bien de vivre l'identification dans la totalité du vivant. C'est ce tout qui met fin à la sécheresse spirituelle : être présent à la présence qui se donne et y répondre par la gratuité sacrée de l'amour.

 

Être dans l'attente de faire l'unité sans attendre rien pour soi, voilà le véritable don de vie. La fonction du symbole est d'être le signe concret d'un être ou d'un fait qui pour être absent n'en n'est pas moins présent en esprit dans l'ineffable. Il y a du réel sur tout existant, mais aucun n'épuise la réalité. La réalité joue à cache-cache avec nous. Un lent avachissement de l'humanité se fait jour à travers l'inadaptation de la majorité des hommes à vivre harmonieusement. Une anesthésie de la conscience et des pouvoirs créateurs est atteinte. Elle nous rend obsolètes dans l'uniformité d'un comportement béat.

 

La névrose consiste en cette perte de sens de l'imbrication universelle. Le retour à une vision unitaire nous fait entrevoir le sens d'une vraie recherche. L'amour est compassion envers tous les êtres et toutes les choses et en cela même ils sont porteurs d'union des contraires. C'est dans le va et vient des énergies que la constance entre terre et ciel se réalise. Mais aujourd'hui la submersion des forces négatives a une plus grande ampleur que la perception des formes positives. Et dans cette osmose, le mal pour un temps semble l'emporter. Nous sommes devenus les hommes de l'âge crépusculaire condamnés à vagir dans la quantité, dans l'exil d'un hiver brûlant tant le coeur est avide de possessions. On ne sait pas goûter l'esprit de paix.

 

 

 

Chant 14 : l’Impérissable Harmonie

 

 

 

La planète est en gésine. Elle élabore en son sein une réponse apocalyptique, à l'ignorance de l'homme. Cette réponse sera tellurique et cosmique ; alors s'ouvrira un espace de vie plus large, avec élévation dans le coeur de l'homme d'un nouveau palier de conscience. Et c'est d'orient que la lumière viendra car c'est d'orient que l'on a reçu le message primordial, nous invitant à changer en la personne du logos : le Christ pour les catholiques. Il nous fera rentrer dans sa résurrection. Nous avons vécu dans le malheur et la souffrance ; il nous faut maintenant apprendre à vivre notre libération et notre lumière. Nous n'avons plus à disséquer les éléments, nous avons à apprendre à relier leurs causes et leurs effets dans une connaissance harmonieuse. Le liant, le sang de régénération peut se charger d'énergies positives dans la compréhension de notre devenir. L'aspect passionnant et mystérieux de notre condition d'êtres vivants nous en fournit les moyens et l'expérience. Ce qui est nécessaire, c'est une disponibilité, une clairvoyance, une claire audience : une écoute. Seul, cet état d'écoute peut nous transporter sur le plan d'une conscience évoluée. Là, où ce qui ne peut cesser d'être est. Ainsi par un travail créatif assidu, on aboutira à l'éveil.

 

Il n'y a que l'être progressivement dévoilé qui manifeste le désir d'évoluer vers l'un. Il cherche cette impérissable richesse qu'est l'harmonie. Cette réalité transmutante sans commencement ni fin, ce levain qui irrésistiblement soulève le crépis pesant du raisonnement intellectuel pour l'impulsion profonde du senti primordial : ce lieu sans échos, ni connotations affectives égotiques, ce lieu inscrit dans la durée immuable. C'est le flux de vie même qui enchante, quand on cesse de faire retentir des soliloques individuels, des opinions divergentes, des cheminements parcellaires, des déviations dualistes. retrouvons en nous le monde des sons, des êtres et des choses, là nos pensées sont en phases avec la propre manifestation de l'esprit non-duel : nous mettant en rapport harmonieux avec la création. Quand nous comprendrons que nous sommes, une seule et même conscience, conscience de l'univers, nous cesserons de nous comporter comme des ignorants prétentieux.

 

Il y a seulement devant nous l'expérience sans distinction de forme. L'univers nous ouvre son coeur et nous sort de nos limitations. Derrière la pratique dogmatique inintelligente des foules inadaptées, de folles croyances se font jour. Ailleurs, il y a la recherche calme et sereine d'hommes et de femmes au coeur élargi à l'ultime création, qui captent toutes les diversités. Là où chacun est un aspect du vivant par soi-même. La conscience unique, d'où procède matière et esprit les baigne. C'est là, dans le calme infini de l'univers, que survient le point de jonction ultime, où transcendance et immanence s'éternisent au pied du créateur : dans ce calme éternellement existant comme la goutte se fond dans la vague et la vague dans l'océan. Là, où la lumière est.

 

L'homme est plus grand qu'il ne le semble, selon l'adage des sages. Mais il ne le sait pas. Il lui faut lever le voile de lui-même en souffrant pour révéler sa beauté. En nous est occulté ce qui n'est pas immédiatement perceptible. L'homme n'a aucune prise sur la vie quoique tout ce qu'il touche, en elle, il le transforme. Nous devons faire preuve d'une grande humilité pour découvrir l'élan vital qui s'exerce sur nous, dans le macrocosme et le microcosme : ainsi que dans moult domaines, non encore explorés. Nous devons travailler avec intuition. La multitude se relie à l'unité, sans cela, elle n'est que confusion. La raison appuyée par des raisonnements déraisonnables ne raisonne pas : elle tue le bon sens. L'âme n'y a plus sa place.

 

Il y a sans contexte une quatrième dimension qui nous est cachée : un "temps de Dieu" comme le principe fondamental de la création veut que toute chose soit complémentaire, le "temps de Dieu" nous est indispensable, puisque l'homme a été créé à son image. Nous devons donc respecter ce chef-d'oeuvre en puissance au risque de nous perdre. L'espace sidéral et tous les règnes du vivant contiennent cet objectif, fait de lumière jaillissante, baigné de subtiles vibrations : ce verbe qui nous fit naître et nous fait vivre l'expérience.

 

L'homme de recherche doit trouver les indices de son implication personnelle dans ce processus. C'est le chercheur qui se trouve lui-même à l'issue de sa recherche. Toute recherche de connaissance essentielle s'inscrit dans une confrontation à soi-même : une anamnèse, portant son histoire et celle de l'environnement familial et culturel, où l'individu a vécu et se vit. Bien sûr l'accompagnement de cette démarche difficile est un accomplissement personnel. Quelle est l'exigence d'une si belle connaissance de soi ? comment s'établir en soi, harmonieusement. On se doit de rechercher et de trouver ses propres cohérences. Ce qui fait problème, ce qui rend difficiles leurs réalisations c'est l'état de perpétuels changements du vivant. La connaissance essentielle nous révèle et nous éveille à nous-mêmes, dans la mesure de notre effort. Elle est une maîtrise, une profession de foi qui nous donne, liberté et autorité. L'être qui s'y engage, témoigne de sa vie.

Cette connaissance ancrée dans la personnalité du chercheur, lui procure la joie d'être un co-naissant ; sa problématique personnelle lui indique le chemin de son humanité et du partage avec les autres : c'est l'humanité naissante, en chacun de nous. La connaissance du sens de notre vie ne procède pas d'un savoir, mais d'une mise en lumière progressive faite en nous, sur les êtres et les choses. Ce n'est jamais nos pseudo-savoirs qui nous font rentrer dans la connaissance : c'est la prise de conscience de la portée de l'amour au-delà de nos petits problèmes quotidiens. Seule cette connaissance essentielle ouvre la porte à toutes connaissances existentielles. Elle ouvre l'action à une vue plus juste compréhension éclairée de la vie. En nous rendant, donc, plus responsable. Toute inaccessibilité à cette connaissance nous laisse nager dans le domaine de l'interprétation (images, sentiments, rêves, effets pris pour des faits). Le savoir égare et la connaissance rend libre. La connaissance essentielle passe par l'amour vécu dans des instants fait d'éternité. Elle s'obtient par la liberté d'accomplissement donnée à cet instant. Le savoir, objective, éreinte tout chercheur de libération de nos forces positives. Le babélisation, ce langage sans communication, éloigne l'homme de sa vérité : elle l'égare. La connaissance, c'est la liberté qui ne veut pas être réduite à l'existence des choses, mais veut vibrer dans leur instance plénière. On accède ainsi aux chances profondes de vivre sa vie ; on transcende son existence en essence d'être. Par cette liberté de choix, on s'harmonise à son propre espace. Cela permet l'accès à l'autonomie et à la responsabilité. Ce n'est en aucun cas une simple satisfaction ou la joie passagère d'un plaisir, mais plutôt, un chemin d'accomplissement, qu'il faut poursuivre avec amour et ténacité.

 

Aujourd'hui chacun agit comme un bâtisseur de la tour de Babel et se prétend capable d'aboutir au sommet en plongeant son regard béat vers le ciel. Malheureusement les éléments de cette construction ne se joignent jamais. Nous sommes des bâtisseurs aveugles. Touché au coeur de sa folie, pris dans une dialectique pédante, l'homme remplace la réflexion, par la réaction, qui n'est pas l'action. La crise actuelle est particulièrement grave, parce que le culte du faux savoir est à même de renverser toutes les richesses de la connaissance ancestrale. Elle obscurcit et nie son existence en jetant de la poudre aux yeux des gens. Tous les symboles d'une métaphysique transmise depuis des siècles par les différentes recherches théologiques qui concourraient à l'unité sont balayés. Le matérialisme oblige les êtres à se soumettre aux lois du marché ; leurs vies à des exigences imposées souvent inutiles … Après leur avoir mensongèrement promis le bonheur pour demain. Mais, il n'est pas au rendez-vous, ce bonheur ! (dixit, chômage, malnutrition, mal de vivre, banlieues sordides, déforestation etc.) Un temps vient où le problème de la transcendance se posera à nouveau aux hommes, car ils ne peuvent l'évincer de leur vie. Ils sont appelés à plus de grandeur d'eux-mêmes.

 

Par la loi naturelle des actions-réactions, nos orientations de pensées sans sens vont créer elles-mêmes l'instrument de ce renversement de vue. Se posera alors la question : qu'est ce que l'homme ? qu'est ce qui l'anime ? où est son fondement ? où est son âme ? c'est l'âme qui fait de l'homme un humain responsable. Elle est la manifestation des qualités de l'être en soi. Nous sommes aspirés par notre genèse. Par sauts successifs en souffrant en vivant, nous remontons la chaîne évolutive pour rencontrer le fondement de la conscience totale : à l'essence de notre origine. Nous sommes les obligés d'une genèse qui remonte le temps. Nous sommes les combattants des forces obscures de notre condition. Arrivera un moment de grâce, où la révélation de nous-mêmes se fera. Par on ne sait quel miracle on épousera l'harmonie cosmique. Et, alors on ressentira en soi, un état de bonheur incommensurable.

 

Multiples sont les chemins pour réaliser cette rencontre contemplative, multiples sont les voies de dépassement de cette forme mortelle qui nous clôture sur nous-mêmes. Et pourtant l'homme cosmique auréolé de la beauté de l'amour naîtra. La beauté de l'amour est un état de maturité d'une qualité vibratoire émerveillante si forte, qu'au moment de son accomplissement, elle nous régénérera à la puissance réelle de nous-mêmes. Quand la beauté harmonique ne se réalise pas, c'est qu'il y a une raison profonde. L'accroissement énergétique va toujours vers la perfection. Le principe d'une vraie transmutation exige toujours une montée du qualitatif de l'être, fondé sur l'esprit. Cette énergie, sans nom, régénérant, se nomme amour, et c'est pour cela qu'on lui court après. Ce don de beauté fait de vie, notre corps et notre âme en a besoin pour rentrer en "extase" et retrouver la joie de l’infini, caché en nous.

 

Notre vraie nature est bien dans l'affranchissement d'une liberté personnelle et responsable, vraiment intégrée ; Seule la liberté responsable à l'évidence nous conduit à vivre en accord avec la beauté. Cette liberté est tapie au coeur de toute vision de l'univers. Par-delà nos flots de paroles, d'opinions et de controverses, percera un jour l'indispensable nécessité de se rencontrer nous-mêmes. En se rencontrant on rencontrera les autres, alors quelque chose d'essentiel existera et tout le reste n'est qu'accessoire. L'essentiel pour toute femme et tout homme est de relier de manière permanente sa vie à cet espace vibrant d'énergie. Il faut cesser de vivre à la périphérie de soi. Les chinois disent "retourner chez soi". comment dessiner un arbre sans être un arbre, comment être un homme sans être un homme, comment mettre en route les puissances qui nous habitent si l'on bloque par bêtise le jeu de nos énergies. Il faut les comprendre, les sentir, en faire bon usage et dans une évolution positive aller vers l'harmonie. C'est une attitude inimitable puisque nous sommes chacun unique. La vocation première de l'homme est sa créativité. L'homme est chargé de faire de sa vie une oeuvre d'art et de l'offrir au monde : car rien dans l'univers n'est fixe ni clos, tout est mouvement, renouvellement, transformation. Un seul commandement nous assaille, "sois-toi", et offre-toi aux autres. Dans cette profonde alchimie de libération et de transfiguration, tu seras porteur d'une provocation d'amour, et tu avanceras sans discontinuer vers l'intimité de toi-même. Notre destinée est dans la saisie de notre verticalité vécue totalement. Nous sommes chargés de relier terre et ciel. L'horizontalité ne peut pas nous faire accéder à la créativité. Sa linéarité est porteuse de mort alors que la verticalité est porteuse de vie. Pour trouver l'impérissable harmonie ouvrons-nous tous à tous les chants du possible que nous avons reçus en naissant et vivons sans peur notre destin de femme et d'homme, en puissance de création.

 

 

 

 

Chant 15 : Vivre Sans Peur

 

 

 

Nous vivons un seul cosmos et des myriades de mondes ; autant qu'il y a de consciences dans le foisonnement du vivant. Le mouvement de création se réalise par le jeu subtil des énergies, la création pure formant l'essence ultime. Elle n'a pas besoin d'être systématisée. Elle est un point c'est tout, dans son infinitude. La circulation d'énergie informe et vivifie tous les niveaux du réel. Rien n'est jamais définitif, ni terminal, ni suprême, pour les pèlerins de l'absolu que nous devons être. Retrouver en soi la transcendance et l'immanence en se déplaçant dans la vie sans illusion et sans peur, là, est notre destin. La paix intérieure est au coeur de notre âme. Mais il faut vivre sa phase de purification au coeur du désert de sa solitude, pour monter vers la métamorphose de soi et rencontrer notre propre état d'être. Rentrer chez soi et retrouver notre "nous" originel en co-vibration universelle. Cela demande cependant, courage et ténacité.

 

La fatalité nous accable et la paresse de notre esprit est peu encline à sortir des formulations toutes faites et des conformismes faciles. C'est parce que nous consentons à être négatif que nous sommes négatifs. La naissance spirituelle ne viendra pas d'une intervention étrangère. Elle est notre désir profond de nous unir à la création tout entière. À nous de naître à une vie supérieure.À nous de bondir d'éveil en éveil, vers l'unité, tout en accédant à la "pluri-dimensualité" de l'univers. Nous serons ce que nous désirons, si nous le voulons vraiment : identité dans la différence, différence dans l'identité : je suis ce que je suis. Je dois, de mes rayons colorés éclairer la création. Être comme un arc-en-ciel où les couleurs se fondent les unes dans les autres, je me dois d'être à mes plus belles irisations. Être ainsi, une unité vivante, à travers laquelle l'énergie monte et descend, en un tourbillon de vie.

 

Le temps est la succession panoramique de nos états de conscience, malgré cette pauvre conception de nos rapports à la durée. La vie vibre sans bornes, infinie, sans cause dans l'espace universel. La présence absolue est ressentie dans les êtres et les choses, dans l'unique matrice des univers multiples. Malheureusement l'homme limité est souvent impuissant à formuler le moindre petit concept en termes clairs. Nous avons du mal à soulever le voile, qui nous cache la beauté du temple. Pourtant, la majesté de l'absolu est là, enfouie en nous. L'esprit libéré, nous saisissons mieux cet espace de lumière dans notre vie, quoi que la claire conscience ne puisse jamais nous atteindre complètement. En travaillant à notre éveil, en bon chercheur de lumière, on découvre la richesse sous-jacente à cette dimension d’absolu. Et, nous pouvons connaître, ainsi une expansion de l'être, dans sa phase créatrice.

 

La conscience implique pour l'homme le dépassement de la limitation. Ce que l’on connaît par le mental est toujours limité. Cet instructeur installe dans notre tête des systèmes et des schémas qu'il faut expérimenter avant d'être sur de leur valeur. En ouvrant la voie, avec une vision plus aérée, on rencontre des possibles beaucoup plus vastes que ceux qui sont édictés par ce diable de mental. Là, où le rêve rejoint un surdimensionnement de l'être. Nous sommes symbole de nous-mêmes, dans un dépassement métaphysique. Nous appelons toujours l'absolu en nous. Nous avons besoin d'une joie faite de déploiement, d'épanouissement, offrant à notre vie des couleurs inédites, des parfums suaves et envoûtants : dans le rapport à une foi exubérante remplie de la conscience de compter dans l'existence. Cette marque de confiance, que l'on se donne, a des répercussions très positives, pour aboutir à une plénitude de notre vécu.

 

Écartelé entre un passé qui nous retient, et un futur qui nous attire, nous vivons rarement le présent avec toute l'intensité qu'il mérite. Dans notre nuit, cependant, si l'on fait oeuvre d'éveil, s'éclaire une espèce d'aurore nouvelle, où nous nous essayons à la lumière. Le sommeil, malheureusement, nous investit au point de faire disparaître de nous la clairvoyance de notre mission d'homme né pour l'éveil à une plus haute destinée. La lucidité est un éclat momentané de lumière qui nous atteint et qui nous réveille du sommeil dans lequel on se laisse facilement bercer. Nous gagnons notre vie matérielle en perdant souvent notre vie spirituelle. Le jeu entre ces deux polarités n'est pas facile. Faire un pari sur l'ouvert au soi demande courage et abnégation. Mais la plus expressive hauteur de nous-mêmes s'en trouve tout épanouie. C'est comme un soleil d'été en plein hiver.

 

Il faut briser la chrysalide pour faire naître le papillon. Cette loi est implacable, les frileux n'y ont pas accès. Pour nous à présent, il s'agit soit de mourir de syncope, ou bien d'entrer en mutation. Nous sommes dans l'obligation de grandir et de retrouver le mythe créateur qui nous donna la chance d'exister. Les révolutions de l'histoire sont dérisoires à côté, de cette révolution intime où, dans un travail sérieux on se découvre créateur. C'est, à n'en pas douter le seul moyen de transcender la mort. Ce baptême est une immersion, dont nous sortons éveillés. C'est la métamorphose du cloporte. L'amour, une fois né comme instance et intensité tend alors à se répandre, à se ramifier en multiples embrasses qui illuminent tous les actes de celle ou de celui qui s'y livre. Enfin, elle est née, il est né à nouveau, au seuil d'une nouvelle dimension.

 

Celui qui a trouvé le “soi” et qui en est conscient rentre dans une dimension élargie du vivant. La véritable ampleur de sa destinée lui ouvre des champs d'expériences illimités de type holistique. Il vit un perpétuel présent, dans un jeu d'amour "cosmogénéisé". Sa vie est branchée sur une musique intérieure, rayonnement de l'âme et du corps. Le royaume minéral est notre système osseux, le royaume végétal est notre système nerveux, le royaume animal est notre système circulatoire, le royaume humain est notre système mental. Quand une source jaillit de la montagne, elle baigne tous les royaumes de ses bienfaits. Il en est de même du “soi”. Il manifeste en nous la puissance du soleil. Il nous fait toucher les cieux. Alors, par ce moyen, on se relie au cosmos, en naissant une deuxième fois.

 

C'est un état de conscience nouveau, dépassant nos limitations égotiques, un ensemble de vibrations rentrant dans le jeu amoureux de la vastitude : là, où nous vivons tous nos actes, sans restriction pour le bien de tous. Là, où se situe le dépassement des frontières, là où l'on quitte l'appropriation pour la libération des énergies vivantes de l'amour. Alors, se diffuse une lumière diaphane, transparente, flottant autour de nous. Une sorte d'aura de clarté merveilleuse qui nous comble de pureté. L'essentiel, dans la vie, est de savoir comment nous pouvons rentrer en harmonie, avec l'éther du monde supérieur. La liberté vient de la lumière qui est la fusion de l'amour et que parcourt la sagesse de vivre la danse des éléments : comme une gratitude faite à la vie.

 

L'intellect n'est rien, les savoirs ne suffisent pas. Une culture de la connaissance, celle de l'amour doit se faire jour dans l'univers des hommes s'ils veulent évoluer vers l'harmonie. Apprendre à nager dans l'océan merveilleux de la vie est un art qui demande sagesse et patience. Placer la bonté comme base de la vie, la justice comme mesure, la sagesse comme bannière, l'amour comme délectation et la vérité comme lumière. Alors homme, tu atteindras l'état de vibration intense du seuil duquel tu tireras profit de l'harmonie universelle. Pour atteindre cet état, il te faut apprendre à regarder en même temps intérieurement et extérieurement en toi. La paix en soi n'est pas faite d'une vie calme et tranquille, mais un mouvement intense au centre vibrant de la lumière. C'est un cercle magique en nous, porté à sa vibration la plus haute. Comme notre planète terre, nous avons une atmosphère en nous, une lumière intime, une “aura”. cherchons à voir l'or de notre coeur, de cet or intériorisé; alors nous serons comme le soleil : nous diffuserons de la lumière.

 

Avez-vous bu le silence quelquefois dans votre vie, là où, le temps du silence, cette méditation sans effort, devient l'élément impérativement présent dans la vie de l'âme. C'est quand on a cette faculté de trouver le silence dans la solitude d'une concentration sans effort que l'on s'aperçoit que nous ne sommes jamais seul. Agissant dans un calme parfait où effort et détente ne font plus qu'un, nous vibrons. Il faut boire à la source vivifiante du silence et pourvoir ainsi à la profondeur du calme en soi pour vivre cette centration sans effort; cette sorte de contemplation active de l'unité du monde en soi. Alors le monde entier est intégré en nous comme un seul miroir plein de toutes les lumières de la sagesse divine. Entendre au fond de nous le chant de la terre devient alors possible. Nous sommes devenus mouvement, flux et reflux d'énergie et nous avons en nous cet esprit dansant qui enchante la vie.

 

L'homme est conditionné par ses propres émotions. Elles sont les prédatrices inéluctables de son libre-arbitre. La tradition nous a fait comprendre que l'homme n'est pas une parcelle inconsciente et solitaire dans l'univers; que son avenir dépend d'une causalité supra-consciente, en le pourvoyant d'une liberté totale, en le déterminant également au choix préalable d'une vie libérée rigoureusement vécue. Depuis que l'homme cherche cette révélation de sa conscience, ce sentiment doit en lui, être perçu en priorité et le conduire toujours, toujours à accomplir, toutes ses actions en regard du reflet intuitif de sa sensibilité : car, concevoir l'amour, “Éros”, c'est se concevoir soi-même dans son immortalité.

 

 

 

Chant 16 : L’Océan et la Goutte

 

 

 

Or toute la création se fait et se maintient par le renouvellement d'un processus de fractionnement de l'énergie primitive divine. Et l'homme puise sa vie dans ce merveilleux creuset divin. Malheureusement par orgueil, nous sommes devenus cet immense troupeau bêlant de bêtises, cette multitude de coeurs à la recherche du paradis perdu. Et nos conquêtes ne peuvent pas nous donner la solution. Toutes nos valeurs se sont inversées. L'homme moderne entend tout et n'écoute rien, voit tout et ne regarde rien, est incapable d'une véritable attention, d'une vraie méditation et de plus il manque de sens critique. Il se laisse rouler comme un caillou par le flux sensoriel d'une civilisation bruyante et trépidante. Le monde moderne est devenu une vaste machine destinée à broyer toute vie intérieure.

 

Dans l'ordre non-manifeste, il n'y a pas de séparation entre l'extérieur et l'intérieur, entre l'espace et le temps. Il en va ainsi pour la matière ordinaire et plus encore de cette essence subtile qu'est la conscience. Aussi, si nous sommes séparés, c'est parce que nous nous accrochons, comme des malades, à la bouée de sauvetage du monde manifesté, considéré par nous comme la seule réalité. Le fondamental en nous a disparu, et l'important consiste trop souvent à disposer de cadres séparés dans une vue égocentrique des choses, dont la signification et l'idée sont souvent productrices de conditionnement. Dans la réalité holographique, dans l'aspect plus fin et plus subtil de notre vivant, rien pourtant n'est séparé, tout s'interpénètre, tout est inter-relié, tout est un. C'est ce que nous sommes en train d'apprendre dans la souffrance gestatrice de ce monde éclaté. Nous allons découvrir que la conscience du monde et de nous est une seule et même chose.

 

Être, comme l'océan, très agité de vagues tumultueuses d'écumes en surface, et tout à fait calme à l'intérieur. Être intérieurement une unité intégrée à l'ensemble, dans un mouvement libre pénétrant notre vie d'une énergie prodigieuse, d'une illumination où le temps trouve son origine dans la durée de l'intemporalité. Devenir un processus plus vaste que nous-mêmes : là où le silence est capital à la perception de la lumière condensée en nous. En ce lieu, où notre vide existentiel est un plein, À la source véritable et profonde de notre être. Là où la paix de "Dieu" nous attend cachée derrière les scories de nos orgueils excessivement démesurés. "Laisses là ton bagage et suis-moi !" a dit le Christ ! ta joie de vivre, pure et simple, c'est là que tu la trouveras en toi. Ce désir de retourner chez soi, comme disent les sages. Tout homme digne de ce nom l'a en lui. Rien ne sert d'être un puits de science ou de savoir, ce qui compte c'est de sentir ce qui est essentiel à la vie. Un homme ignorant considère son moi comme la réalité ultime. Quelle pauvreté ! ce n'est pas ce que nous croyons qui est important mais ce que nous faisons de nous, c'est ce que nous sommes, ce que nous ressentons, ce que nous respectons.

 

On n'impose rien aux autres. Le maître réel révèle les qualités de son disciple. On naît libre, seul avec son vécu, quand on est capable de créer sa vie. Vous imaginez-vous avoir atteint quelque chose ? il n'en est rien. Notre corps et notre esprit doivent être capable de se remplir d'un sang nouveau. La mort n'est que l'arrêt de ce mouvement. Se mettre en mouvement est un état de quiétude dans lequel toutes les choses, d'ordinaire refoulées, se voient refaire surface. La qualité de joie que l'on peut sentir étant la preuve du bon sens que prend notre vie si elle est bien vécue. S'il n'y a pas de joie, n'insistez pas, changez de chemin. Il n'y a pas de moi statique, il n'y a qu'un mouvement vivant. L'impermanence, c'est cela même qui nous libère. Dans le durable, notre vie serait plastifiée.

 

La folie est le pain des sages. Ils savent que la graine ne peut pas rester graine, que sa vocation est de devenir plantule, puis arbuste, feuilles, fleurs et fruits.les hommes, comme les graines doivent germer pour porter des fruits. La force de la vie est dans sa fluidité, la mouvance rendant l'action possible en la renouvelant. La mort elle-même est vie. Sur les bons fumiers, on fait pousser les meilleures récoltes. Personne au monde ne peut dire qu'il est inconditionné. Mais toutes et tous nous pouvons nous ouvrir à l'infini inconditionnelle de la vie, sans se bloquer dans la restriction. C'est peut-être cela, l'art d'aimer.

 

Tout acte d'amour est un rituel. La sexualité, expression directe de la force vitale est sacrée. Elle peut s'exprimer librement, tant qu'elle est guidée par l'amour vécu dans sa vérité, sans calcul, ni prise de possession. Le mariage peut être un engagement profond, un lien magique et spirituel à la condition psychique d'être vécu rituellement sans prise de pouvoir de l'un sur l'autre. Mais il n'est qu'une possibilité parmi tant d'autres pour exprimer l'amour et sa sexualité. Le sexe est une force magique, c'est-à-dire un art de sentir la vie, puis d'en modeler les forces invisibles et subtiles. Ces forces s'expriment dans les êtres et les réalités du monde : c'est l'éveil des niveaux profonds de la conscience qui développent l'amour, au-delà du rationnel conditionnement de la peur de vivre sa solitude.

 

Le pétale d'amour du plan physique dégage le parfum subtil des énergies contenues dans la transcendance de la relation : cette "ex-stase" offre aux êtres le désir d'aimer bien au-delà d'eux-mêmes. Grâce à cette évolution psychique de l'amour, l'atome permanent en nous, devient un point radieux de feu divin. Et ces merveilleux atomes sont reliés à la substance primale de l'univers et du devenir. Le véritable objet de l'évolution humaine est de permettre au penseur de répondre au plus haut degré de la vibration à cette attente. Dans les sphères divines, tout est lumière illuminant le verbe. Le verbe retient la lumière dans la vie, par le souffle divin.

 

Ce qui est important, c'est ce qui est, et non ce qui devrait être. L'énergie, au lieu de se projeter, vise dans l'amour, à la profondeur des vécus qui sont des " essences " d'être. Le fait de se sentir vivre, n'est-ce pas là, le sens du tout relié. Le plaisir des sens est constitutif à l'élan vital qui l'accompagne dans l'expression d'une élévation divine : mobilisation des sens disant l'union où tout autre est éprouvée dans "l'ici et le maintenant" de l'incarnation. Merveilleux chemin de halage pour gravir les marches qui nous mènent vers le ciel de notre pureté originelle. Nous ne sommes ni anges, ni bêtes pour paraphraser pascal, mais tout simplement Être. Mon propre fondement quotidien, c'est le bonheur de l'autre, heureux : voilà l'amour.

 

Il ne faut ni une hégémonie des sens, ni une privation, il y faut une clarté du dire et du faire sans peur, sans complexe, en responsabilité vécue vis-à-vis de soi et de l'autre. Il n'y a pas d'amour possible, sans cette libération harmonieuse des énergies du corps, allant rejoindre l'esprit. La sublimation, si elle ne débouche pas sur la contemplation extatique de l'autre, n'est encore qu'une peur d'accéder à l'amour infini. Les sens sont les moyens incarnés permettant de faire vivre et de spiritualiser les êtres en esprit, dans la libre clarté intérieure en harmonie plénière au divin. Le reste est névrose. La création, sous toutes ses formes, jaillira toujours d'une dynamique ouverte de l'amour, toujours renouvelée et toujours plurielle. L'étroite communion du corps et de l'esprit s'avère indispensable à la santé harmonieuse de l'être psychique et physique de l'incarné que nous sommes en naissant. Le sensible est la prime condition des possibilités de la vie et de la "co-naissance" : "reliance" de la totalité enfin vécue dans l'essence de nous-mêmes. Le sensible est à la source des richesses spirituelles ; il conforte le corps par la jouissance du vivre intérieur. En même temps, il permet la plénitude du coeur que sanctifie l'esprit. Cette trinité amoureuse de l'amour vécu vrai est une poétique accomplie de l'Être en son essence dans l'autre, vécu vraiment : "rare, très rare trinité", certes, mais qu'il faut rechercher. Je te cherche de toute mon âme donnée à l'amour, Ô, Vie ! et tu es là, toujours prête à accueillir mon chant de vie, à chaque instant.

 

Intégrer le sensible (non la sensiblerie) dans sa vie, c'est faire preuve de lucidité et accéder de ce fait à l'unité du "corps-esprit" dans les espaces merveilleux du visuel, de l'olfactif, de l'auditif, du gustatif et du génésique. Ils s'englobent tous dans l'amour, auxquels l'amour répond par l'illumination des âmes. Porté par un plein qui m'universalise, gisant vivant au coeur du tout qui sublime ma mort, je fais acte d'amour par mon détachement, dans la spontanéité et la disponibilité de mon Être, vécu ici et maintenant. Cette force-fleuve m'habite, m'est édification, transformation intérieure où je vis ma profondeur, solitaire et solidaire, dans la prière sensible et sensuelle d'amour de tous les hommes.

 

L'infinité est dans la multiplicité. Elle est matrice universelle du vivant. Elle bâtit qualitativement à travers les morts successives le bain fécondant le sperme de la lumière qu'elle offre à chaque naissance. Elle est constituante d'essence dans le mouvement perpétuel des éléments qui l'infinitise. tout est sensible, tout est essence, tout est sensuel, parce que tout est organique dans la nature, y compris l'esprit qui anime cette nature indéfiniment. Elle est cette danse cosmique des éléments. La vie est cette évolution infinie, ouverte au baptême de nos renaissances. Elle est créatrice de communion dans l'amour inconditionnel. En pleine constitution de la conscience transcendantale. Alors l'émergence de l'Être en soi est intensifiée, par ce retour à la conscience transpersonnelle.

 

Mais pour réaliser ce renversement de tendance et faire passer la conscience égoïste à la vibration d'une conscience plus élevée, holistique et transpersonnelle, il va falloir changer de stratégie, entre nous, dans les rapports humains planétaires. Aller vers une société écologiquement équilibrée. Ce qui suppose un changement de paradigme d'un genre nouveau, déjà défini dans bien des réflexions, de penseurs intelligents, précurseurs d'un véritable nouvel age tel celui-ci ci-dessous.

 

 

Ce programme, proposé selon Philippe DESBROSSES, serait :

 

  • Face à l'agriculture polluante : une agriculture biologique.

 

  • Face aux gaspillages des déchets et la surconsommation : le recyclage.

 

  • Face à l'alimentation artificielle et dénaturée : une alimentation saine et nutritive de qualité biologique garantie.

  • Face aux systèmes centralisés d'énergies, de matières fossiles, hydro-électriques ou nucléaires polluantes : des alternatives technologiques simples, propres, appliquées aux besoins de l’homme.

 

  • Face aux technologies, qui détruisent la nature : des technologies protectrices de l'environnement.

 

  • Face à une économie dépendante des armements : une vie d'échange et de coopération liée au vivant.

 

  • Face à une concentration urbaine démentielle : le recours à la terre et la renaissance d'une économie responsable, protectrice de

l'environnement.

 

  • Face à une éducation compétitive déstabilisante développant des rivalités artificielles : de nouveaux courants éducatifs, en symbiose avec une vie naturelle et naturante, équilibrée.

 

  • Face à une vie artificielle, individualiste, et conflictuelle, une vie d'échange et de compréhension mutuelle communicative, faite d’échanges constructifs.

 

 

 

 

Chant 17 : Cheminement d’Offrande

 

 

 

L'heure de l'amour universel fait de respect, de responsabilité, de dignité, de partage fraternel et de largesse d'esprit de coeur est arrivé. Nous devons nous gérer. nous allons vers une société de valorisation du devoir, empreinte d'une valorisation humaine, faite de joie de vivre, en établissant les normes du vivant éternel. Il nous faut transformer la "poubelle-terre" en un jardin d'Eden florissant. C'est notre présent et notre futur qui est en jeu, notre salut collectif, notre aptitude à nous aimer inconditionnellement : "notre tao". notre dimension de sapiens, "sapiens sapiens". il n'y a rien de plus fort qu'une idée arrivant à son heure. Le sens vient au secours de l'essence incluse, dans la réalité humaine. Le contrôle responsable, la fraternité et la confiance en notre devenir devraient être les caractéristiques d'un sapiens devenu "trinitaire". cette nouvelle stratégie de comportements humain sera faite de création, de libération, de planétarisation des responsabilités, dans la célébration du vivant, où matière et esprit se reçoivent dans un bain de vibrations amoureuses et cosmiques.

 

Les vieux hommes sans imagination, les tenants apeurés des privilèges établis, doivent céder le pas. Ces hommes duels, ne peuvent plus remplir les devoirs de leur charge, tant sur le plan politique que social, culturel ou religieux. Leur vision réductionniste ne répond plus aux besoins du troisième millénaire. L'homme nouveau sera un homme d'amour transpersonnel, libre, conscient de son inconscience, plénier dans son unification, libérateur et libéré dans un éveil capteur d'énergies, sensible à ses faiblesses : en transmutation, devenu un contemplatif actif, fort de sa résurrection, de cette résurrection qui l'appelle à construire sa divine condition d'humain. La morale protocolaire deviendra une morale relationnelle ouverte, à une meilleure intégration de la vie. Être ouvert, sans aucune crainte, telle sera l'exigence première de la morale future qui, loin d'être un carcan sera plutôt un résonateur des vibrations élevées de la conscience cosmique : un être relié.

 

Car, en fait, qu'est-ce que la religion ? c'est la reconnaissance par l'homme de sa relation privilégiée avec le tout. Cette grande vie cosmique, vers laquelle s'élève une demande grandissante de conscience holistique. Elle obtient alors de cette petite vie d'homme, la reconnaissance du tout, cette ouverture spirituelle vers la plénitude. C'est l'impact recherché par la vibration d'une humanité orientée spécifiquement reliée à la conscience planétaire allant, vers la grande respiration de la vie, dont l'humain est la partie immergée. De cet amour infini, qui enveloppe tout ce qui vibre. La spiritualité, cette science de l'invocation et de l'évocation concerne le fait religieux de reliance, et sera dans l'âge à venir la révélation d'une humanité émergente polarisée mentalement par ses désirs de noblesse. Dans le passé, les religions établies étaient toutes branchées sur la peur du châtiment éternel, puisqu'elles faisaient entièrement appel à l'émotion et à la culpabilité. Le christ vint pour mettre fin à ce cycle d'approche émotionnelle. Parvenir à la pleine conscience christique de la croix rachètera tous les péchés, de l'humanité passée, et deviendra le but essentiel de toute spiritualité. Alors l'homme sera vraiment religieux, relié, responsable de sa liberté et s'harmonisera avec la voie de l'évolution supérieure. Le christ en nous, c'est la vision de la perfection. Il fut le premier venu dans notre humanité planétaire, afin d'ouvrir un chemin conduisant aux sphères supérieures de la révélation de notre divinité.

 

L'attrait émotionnel touche malheureusement encore la masse des hommes et fait le lit des pouvoirs, pour la peine des hommes et leurs souffrances. Certains s'en dégagent, porteurs de cette force de l'un, vécu unifié dans la responsabilité d'un tout vivant vibrant. Ces "sans frontières" ont dépassé l'émotionnel pour se mettre au service de l'harmonisation concomitante de l'humanité. Ils émergent de leurs peurs, conscients de leur appartenance à un tout plus grand que nous-mêmes, dans une connaissance faite d'amour. Libérer les pouvoirs confisqués est une véritable émergence de l'être spirituel relié aux pouvoirs, que nous avons sur nous-mêmes. Ces périodes de recherches, ces périodes de douleurs, ces périodes de détachements, ces périodes de révélations, produisent des points de fusion, des points de tension, des points d'émergence d'énergie. Tel est le beau cheminement de l'initiation à plus de clarté. La lumière ne nous est pas donnée, il faut aller la chercher dans nos zones d'ombres, la reconnaître et l'aimer.

 

En fait, prendre initiation c'est prendre expérience du fait que tout dépend de l'énergie d'amour : ce qui nous semble bien, et ce qui nous semble mal apparaît en nous dénudant de toutes nos prétentions. En se rendant disponibles, on permet ainsi au flot des énergies de provoquer la circulation du bain d'amour, réalisant en nous cette fusion de toutes nos petites lumières, dans la grande lumière stellaire. Ces énergies sont présentes depuis toujours dans tous les règnes de l'univers. Elles se déploient sans fin dans la magnificence du vivant. La cohérence et le mouvement perpétuel de ces flux de lumière sont le véhicule privilégié de la manifestation d'amour : donc du logos. Le processus initiatique est un processus d'amour où ordre et chaos se répondent pour donner vie aux êtres et aux choses.

 

Faisant le lit de l'imagination créatrice le vieux monde s'effiloche. Les cycles de destructions son à présent en place. Il accompagne la déstructuration de toutes nos sociétés humaines. L'ordre ancien disparaît lentement à la manière d'une maladie de langueur. Et un nouveau cycle de vie, générateur d'une impulsion nouvelle, est ainsi entrain d'apparaître à nouveau. L'apparition future est déjà contenue dans la création, en dimensions si prodigieuses qu'elle bousculera tout le monde établi, et que seuls quelques-uns d'entre nous capteront, pressentant qu'il faut se mettre à changer. Ce qui laissera stupéfaits les tenants du vieux monde sclérosé dans son inadaptation. Nous vivons une simulation prodigieuse du retour de la révélation (apocalypse). Cela se fera dans une harmonisation supérieure des énergies de l'amour. L'initiation est à l'oeuvre parce qu'elle développe la nécessité du septénaire divin s, composant la totalité de toutes les existences vivant sur terre. Elle réalise, en elle, le plan divin d'unification prévu par l'évolution.

 

Pour l’instant nous sommes aliénés, rendus aveugles par les marchands du temple. Nous sommes tous, esclaves de notre oubli. Devenez disciples du souvenir, "amis" du rappel car ce n'est pas notre petite personne qui est rappelée, aux noces éternelles ! c'est le tout infini qui nous y convie. L'animal sent le monde, l'homme ordinaire le pense, l'être éveillé est éveilleur. Il est le monde. Il est le lieu de la "co-naissance" dans l'amour : il est conscience-essence de lui-même. La maturité se charge de distinctions, par le biais d'une sagesse accomplie à l'image du soi. Être éveillé, c'est vivre en prise directe, non en différé. L'intention de ce qui est volonté libératrice, participe de l'intérêt général, tandis que l'intention égotique d'un soi orgueilleux se dissout, dans l'incohérence. Il faut être touché par la grâce du changement pour être vivant dans la vie. Le sage communie à sa propre vie devenue vie vibrante, dans le tout. Il faut être cuit au feu de la discipline intérieure pour rencontrer le soi, et non être prisonnier de la comédie humaine. La norme est une caricature de la tradition. La vraie tradition est conjonction et transmission au tout. Elle nous rend libre, en serviteur du divin vécu, enfin, avec le respect qu'on doit aux lois de l'amour.

 

 

 

 

Chant 18 : Oratorio Nomade

 

 

 

La conscience est personnelle ou bien ne l'est pas. Elle est pure perception d'une vision extensive au tout, ou n'est qu'orgueil. Le moi est une non-valeur changeante, la première des non-valeurs. La vraie attention est libératrice d'amour. Il s'agit de se découvrir sur le vif, dans la plus grande simplicité du quotidien et de le fleurir d'amour, quoi qu’il arrive. Il n'y a pas de point final. Il faut se dévoiler à la troisième personne, et aller gaiement de la source à l'océan qui nous habite, pour redevenir, nuage et ciel : pour sortir du temps, et vivre comme un errant nomade, sans bagage, au rythme absolu de la nature afin de retrouver au fond de soi le chemin primordial. Aller sur terre vers la terre sainte de nos ancêtres ; et un jour, qui sait, le soleil brillera plus fort que jamais et une grande lumière d'éveil baignera nos esprits et nos corps. L'être absolu de la vie déliée sera alors présence en nous. Se sentir auroral, dans la reprise de l'aventure essentielle, là où la grande hérésie séparatiste n'existe plus, dans une conscience évoluée. Et ainsi briser le cercle de l'enfermement et redonner vie à la vie en nous, et faire circuler le souffle qui nous anime.

 

Dans cette terre fertile, devenir l'Exodus, le voyageur de vie, tout simplement celui qui a le courage de quitter ses pénates et d'aller voir dans l'ailleurs ouvert, ce qui se passe et se pense. L'inspiration que je chante je l'apporte de mes profondeurs. Elle ne m'appartient pas, je ne suis pas propriétaire de l'amour. Je pense dans cette énergie libre comme un enfant émerveillé devant un sac de billes multicolores. Dans cette expérience de la réalité incandescente, dans cette candeur de la juvénilité absolue, je vis la transparence, où se transcende la vie de telle sorte qu'elle se formule d'elle-même, dans sa plus extasiante poétique. Comme un chergui violent, comme une baleine blanche, comme un ange nu dans sa pureté. Un jour, j'ai vu tes yeux Ô vie et je ne t'ai jamais plus quittée, et je me suis senti élevé dans un coeur sans fond, à l'aurore de l'amour véritable.

 

Ô ! humains conditionnés par les désirs et les pouvoirs, vous ne m'enlèverez plus jamais cette candeur, cet élément moteur, cette force essentielle à ma vie. La vie n'aura servi à rien à celui qui quitte le monde sans avoir réalisé son propre monde, dans la fluidité de cette énergie d'amour qui ne retient rien, mais donne tout. Le champ est ouvert. Je sème en dehors des termes et des catégories fixes. Les vagues de probabilité sont mouvantes et ont fait éclater le monde fixe et mécanique. La théorie ondulatoire fait bouger la dune de sable fin dont je suis le grain. En désertifiant mes attachements, je me rends riche de mobilités principielles et j'éclate de vie comme un bourgeon de printemps. C'est par la beauté contemplative de la vie qu'on s'achemine vers la liberté. Je suis un piéton, rien de plus, je marche dans les étoiles. "Il faut avoir un coeur brûlant plongé dans le silence pour chanter la vie avec un verbe porteur, chargé d'amour”. et je me fous de ce que pensent les tièdes de mon cri. Je chante mon "oratorio de vie nomade", libre comme le vent du sud.

 

Nier le mérite, faire ce qui dépasse toute louange, voir toute compréhension, jeter les bases d'une vraie respiration : un seul rayon de vie anéantira toute la comédie humaine, en allant vers un l'état très simple de l'originel. Un nouveau verbe lié à un nouvel Être naîtra. Il n'y a pas de lieux pour les intensités vulgaires. Il n'y a que l'espace infini. Le voyageur réel est un nomade; il se déplace de lieu en lieu, afin d'arriver au non-lieu de sa libre expression. Il n'y a pas de lieu pour l'essence de soi-même, sans l'éternité. Il y a encore et encore tant d'aurores à découvrir. Mon désir est de plonger ma tête dans des atmosphères inconnues. De mes pieds, aussi fiers et constants, plus mon perpétuel désir d'aimer follement la vie me taraude. Sortir du temps et vivre selon la danse absolue de vie déliée. Vivre dans l'évangile du moment présent relié à l'amour de la vie.me baigner dans la sensualité du vivant, en vagabond de la vacuité ayant l'Éros comme mère cosmique et le logos comme père fondateur de ma création. La poésie de ma vie est une logique érotique. Elle n'est contre rien, elle va au-delà de moi.

 

C'est de choses inachevées et non de choses parfaites dont je parle. M'ouvrant, je tends de toutes mes forces d'amour vers l'oeuvre parfaite de "Dieu", dans sa création. Je m'efforce d'être à chaque moment une construction énergétique, une décharge d'amour au service de la vie, dans toute sa laideur et dans toute sa beauté. Sa laideur étant une compréhension cachée, oblitérée par ma connaissance limitée. Mon nuage d'inconnaissance que seule la libération des vibrations d'amour peut me faire contempler, je le fuis. Aucune de mes ignorances n'est une défaite car le monde qu'elles entrouvrent est toujours pour moi un monde ouvert à ma recherche - hors des concrétions personnelles, je pénètre dans des états de fluidité propices à l'éclairement, qui constitue le fond de tout travail valable. Ne pas s'accrocher aux amas insolubles, n'être rien et n'être pas affecté par les résultats de mes entreprises, voilà la belle libération de vie que je recherche. L'esprit, comme une lame, s'affûte sur le corps, un métal brûlant sort du sang bouillant de mon corps, et me révèle l'extase d'amour. La nudité est au bout des sens, et reste cette force vive, libératrice, libre de pénétrer jusqu'aux espaces de lumière les plus denses de brillance. En amour, il n'y a pas de conclusion, il y a seulement la danse des éléments. C'est en dansant cette danse que le danseur avance heureux, dans la joie pleine de charme de l'amour. L'amour, étant une communion richissime de possibles, hors du dénuement, où nous conduit la mort.

 

 

 

Chant 19 : Le Cosmanthrope Amoureux

 

 

 

Dans le désert de notre culture violente, éhontée, je cherche une voie d'accès aux racines profondes des énergies engrammées afin de retrouver l'essence vierge; d'un rayonnement orgasmique, claire énergie de lumière. Je tue en moi cet intellectualisme desséché, ce gâchis psychologique, ce manque à respirer des conditionnements, pour retrouver "Gaia" ma terre-femme, dans sa pureté sauvage. Cette cohérence parfaite me rend enfin libre, esprit et corps, coulant ensemble dans la joie d'être. Sous cette simple chose me voilà nu, dans la simple joie d'être là, dans l'écoulement du jour. Mon corps est ma barque, mon esprit la rame : et je fais l'amour à la mère primordiale (en goutte-à-goutte). Ô, mère, océan majeur du plaisir ! fleuve amour ! je caresserais tes rives enchanteresses jusqu'à ce que ma mort devienne résurrection. Je ne pense pas au bien et au mal, mais je garde la joie du moment présent qui coule en moi et qui me donne le visage originel que j'avais avant de m'incarner. Autrement, comment le moineau que je suis pourrait-il connaître les aspirations du cygne sauvage que j'étais avant de naître. Je ne suis attaché à aucun ordre. Je vis dans l'union avec la source créatrice si bien que mon esprit est libre : plein de l'esprit du vent, qui modifie la dune et de l'eau qui fait serpenter la rivière, dans l'air vivifiant de mes feux de vie. Jamais les poissons ne se lassent de l'eau; jamais les oiseaux ne se lassent de l'air; jamais les arbres ne se lassent de la terre. Alors, je ne me lasse jamais de moi-même et j'essaie d'être, sans plus, aussi loin que possible, vivant. Telle est ma vie. Quelque chose de vivant, puissance, force, substance, secrète de roi, est en moi : à ma propre nature je ne fais aucune concession.

 

La lune de ce monde flottant s'attarde dans mes yeux et je fais l'amour au soleil comme un Égyptien. je goûte la vie comme un cépage de vigne. Je vis l'instant et me laisse aller à la dérive des continents comme une feuille morte flottant sur un ruisseau. Et j'aime. Il faut quitter le langage cadavre de la mentalité moderne et redevenir indien, pétale éveillé sur la fleur émerveillée des gouttes de rosée, baisers tendres de la vie épanouie. Ah ! cette aurore vivante où le brouillard fait l'amour au jour qui monte avec juste la douceur qu'il sied, pour qu'au prunier une fleur après l'autre éclose dans le charme du sensuel matin déjà chaud des rayons de soleil : "lux immaculata" - je m'offre chaque matin dans un chant de vie. Je vogue en solitaire sur un vaisseau de lumière venant du fond des âges. Je m'offre la chance d'un cheminement, certes difficile, mais qui m'ouvre aux chants multiples de la symphonie inachevée de l'homme en création. Je vis d'ondes vivantes que je sème sous les pas de ceux qui veulent bien faire germer les éveils libératoires, loin des conformismes formalistes et de la constipation de la peur. J'aime la béance de l'horizon, la béance féminine, et non le remplissage sclérosé du passé. Et si ma voie royale passe par l'orient ? elle m'ouvre un monde de jouissances, par-delà l'orient et l'occident. Un monde fait de lumières plurielles. Un monde éclatant de vie.

 

Mon nomadisme porte en lui et avec lui le refus de la domestication, c'est-à-dire l'ouverture à l'espace des univers. L'incertitude spirituelle éveille ma curiosité dans un destin toujours renouvelé. Je dépasse par l'éloignement la destinée matérielle des sédentaires. Je suis né pour vagabonder dans ma tête, voir et sentir, toucher et vibrer, au diapason du ciel. L'extrême fluidité de ma pensée me permet tous les amours. Vivre jusqu'au bout, c'est dépasser les frontières : pénétrer dans le voyage comme dans un sexe-matrice. il est des instants rares où l'on se libère dans l'inouïe complexité du vivant, d'un regard vierge dans ce champ de vie portée à sa plus haute intensité d'amour. À chaque pénétration matricielle se lève le vent purificateur. Ah ! petit rouge-gorge comme tu es bien dans ton buisson, ermite, vagabond sans clocher.

 

Je vis d'un érotisme cosmique en "Cosmanthrope Exote Amoureux" du mouvement sensuel de la dune de sable blond dans l'immanence qui habite mon enfance tiznitie. Je suis né d'une mer de sable blond et d'un océan d'eau marine irisée de lumière, à la jonction primale de l'orient et de l'occident. ma "terre-mère" est significative de ma folle pensée. je suis fait d'éclairs, d'éveils : un nomade né dans la grande lumière de la beauté sauvage. C'est à ce moment-là, que peut naître le miracle imprégné des délices, de l'émerveillement de la contemplation sans fin qui me pénètre tout entier.mon chemin s'illumine de l'ouvert total, car l'amour, ça ne s'explique pas, ça se vit. Qui es-tu petit rouge-gorge ? Aucune idée... tu es vacuité dans l’inépuisable vacuité. Enfin homme désencombré, j'ai suivi la voix d'un enfant du nouveau monde... petit prince de mon étoile, princesse nouvelle vie, tu dors dans mon corps, bien à l'abri du mauvais sort. Tu es l'Amour de ma vie. J'ai bâti mon tai-chi-chuan dans la souffrance d'un vivant éternel : c'est là, le chant de ma liberté intérieure... mon chant, ma symphonie d'amour. Je suis né de nouveau... au seuil d'une nouvelle dimension.

 

 

 

 

Final : Finitude et Infinitude

 

 

 

Un langage en mouvement est un être en mouvement. L'homme n'est pas homme en fonction d'une nature humaine, mais grâce à un dépassement d'éveil en tant qu'être responsable de sa liberté. La sage recherche la sagesse, le sot l'a trouvée. L'amour de l'autre est fait du respect de sa différence, du respect de son état d'être. C'est une recherche de son infinitude : que nous nous souvenions de cette infinitude, est une urgence au présent, présent à lui-même, et non une attitude maniaque érigeant la mémoire comme valeur unique de comportement. En effet, les humains qui s'insèrent dans la collectivité se transforment souvent en zombis suivant les modes de celle-ci, ce qui est analogue à une perte de personnalité, supprimant le libre-arbitre qu'il devrait avoir pour eux-mêmes, en tant qu'individus autodéterminés. L'autre devrait être pour nous, le miracle de la nouveauté, qui n'étouffe pas, et peut par son surgissement d'amour faire s'élever l'individuation contenue en nous. Cependant, il ne peut pas la libérer totalement. L'autre est ce qui rend possible l'avènement de nos différences, mais il ne peut assumer que par la claire conscience de soi, accompagnée de sa signification profonde.

 

Il incombe à chacune et à chacun de chercher avec sincérité et application à connaître la racine de son Âme, afin de pouvoir la parfaire dans son état original. L'éveil n'est là que pour accomplir la brèche d'amour universel. Pour monter, il faut savoir descendre, au fond de soi. L'homme se fait en se dénouant de ses peurs. Mais, nul ne peut accomplir l'oeuvre unique de sa vie, en copiant celle de son semblable. Nul ne peut faire le chemin de l'autre. C'est en rencontrant ses propres étincelles, que l'on peut allumer le feu d'amour qui nous possède, toutes et toutes, et ainsi l'offrir aux autres. Action, naissance, liberté, cela signifie que les réalités de l'amour sont ouvertes à tout le monde, au jeu de la fécondité créatrice de lumière ; parce que nous sommes nés, nous sommes condamnés à être libre d'être, dans la promesse retrouvée, de la source de vie éternelle acquise en naissant.

 

La vraie libération est pur éveil. Elle est ce qui envisage la nouveauté, sans céder au vertige de l'identique. Elle ouvre la parole de le Âme, elle-même, à la parole totale. Il n'y a pas que la bouche qui parle l'homme en son entier est verbe. C'est une parole où le sujet se construit dans sa propre parole, où il est sa parole, présent dans l'amour qui ouvre les espaces de liberté du vécu. Une parole qui ébranle toutes les certitudes et dénouent tous les noeuds d'enfermement de notre vivant. La sagesse, c'est l'interdiction d'être vieux, grâce à un constant effort d'affranchissement et d'invention de soi. En prenant le risque, d'être totalement dans sa dimension vitale.

 

Seul comprend celui qui sait se tenir hors du jeu tout en étant dans le jeu. Un certain Jésus disait "être dans le monde tout en n'étant pas de ce monde". L'homme fait ainsi caresse à la vie. La vraie caresse consiste à ne rien saisir, à ne se saisir de rien, à offrir ce qui s'échappe sans cesse de sa forme, vers un "venir". En un mot, quitter l'avoir de la possession, car l'avoir renvoie toujours à l'installation précaire dans la satisfaction qui s'use et manque ainsi la distance qui confère à l'être, l'espace de la perpétuelle découverte modalité essentielle, prime jeunesse de la possibilité d'être en marche vers la transcendance qui nous ouvre et nous fonde. Pour atteindre la profondeur du moment, il faut atteindre la liberté du "tout" est présent toujours ici et maintenant, "en mouvement d'être". car l'habituel figé possède toujours en propre ce pouvoir effrayant de nous déshabituer d'habiter dans l'essentiel; aux sources originelles de l'étonnement du vivre. L’homme doit retourner chez soi pour accéder à lui-même. Ce dynamisme est possible si l'homme ne se vit pas comme une structure achevée mais comme le lieu d'une naissance de soi corrélativement au monde. Être en bonne santé, c'est être une créature se percevant et se vivant comme entrain de naître. Entendre en soi, ce mouvement de l'être qui est désir et vouloir être sans cesse.

 

La joie de vivre la joie d'être est à la fois le lieu et le but du désir être. Elle est cette force interne qui pousse l'homme à s'élever vers l'infini. La tristesse, c'est l'exil de la présence à soi et la perte de joie de sentir en soi la présence divine. La joie est la création d'un espace où la parole peut se donner à l'amour d'être, la vraie joie est cette capacité que l'homme a à s'inventer. La vraie joie est une danse, une ronde, qui trouve la force d'ouvrir un maillon d'elle-même, pour donner vie à la spirale divine dans un nouveau souffle sans cesse en création.

 

Amies et amis, quand vous ressentirez qu'un nouveau souffle vient s'ajouter profondément à vous et que l'âme passe sur tout le corps, réjouissez vous et accédez à la joie qu'il déverse sur vous de la tête aux pieds. C'est l'huile d'un baume parfumé, d'une aura de vie. Éprouvez en vous ce chant de vie, ce sentiment d'éveil et de grande jouissance ; mélange de joie extatique et de bonheur s'emparant de l'âme et du corps, c'est cela faire l'amour au divin en vous. La maladie, le manque d'éveil provient toujours d'un obstacle à la circulation de l'énergie vitale qu'est l'amour. L'homme entravant cette circulation d'énergie, produit des noeuds de rigidité, qu'il faut dénouer. Être en bonne santé, c'est se mettre en harmonie avec les vibrations dynamiques de la vie et les laisser nous envahir. Chacune, chacun de nous possède un potentiel qui lui est propre et qui lui permet de parvenir à des niveaux de conscience élevés, qui peuvent aller parfois jusqu'à la rencontre de "Dieu »

Table des matières

 

 

 

Introduction 7

Chant 1 : La Gratuité de l’Infini 13

Chant 2 : Nous, l’Univers, et l’Arbre 19

Chant 3 : Le Prédateur et l’Intuition 27

Chant 4 : Involution et Évolution 33

Chant 5 : La Marche Intérieure 41

Chant 6 : Myopie et Vérité Unificatrice 43

Chant 7 : La Déchirure du Voile 53

Chant 8 : L’Ouverture Libératrice 57

Chant 9 : Parole et Rythmique 63

Chant 10 : La Chute du Masque 67

Chant 11 : La Stratégie de Dérisoire 71

Chant 12 : Entrelacement Originel 79

Chant 13 : Rendons-Nous Possible 87

Chant 14 : L’Impérissable Harmonie 91

Chant 15 : Vivre Sans Peur 99

Chant 16 : L’Océan et la Goutte 105

Chant 17 : Cheminement d’Offrande 113

Chant 18 : Oratorio Nomade 119

Chant 19 : Le Cosmanthrope Amoureux 123

Final : Finitude et Infinitude 127

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous avez aimé le Cosmanthrope Exote,

n’hésitez surtout pas à le faire passer autour de vous !

 

 

C’était l’un des derniers souhaits de Jacques

qui nous a quitté le 19 janvier 2009

LE COSMANTHROPE